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Un après-midi au musée le 1er avril 2017                 par Manue (Photos de Sylvie)

Avant toute chose, petites précisions sur le musée et sa drôle de forme.
1ère question du guide : « A quoi vous fait penser ce musée ? »
Réponses des communelles : « 1 crocodile, 1 vaisseau spatial, 1 bateau ».


 

 
Le projet du musée date de 1999 en remplacement du musée Guimet. Coop Himmelb(l)au est le cabinet d’architecte autrichien qui a été choisi en 2001 pour dessiner ce bâtiment. Ce cabinet appartient au mouvement « déconstructivisme » (pas de ligne horizontale  et verticale). La traduction de son nom est : « construire le ciel bleu », ça donne la couleur.
La construction du bâtiment a démarré en 2010. Le musée a ouvert ses portes le 20 décembre 2014.
Le cabinet a nommé son œuvre le « cristal nuage du savoir ».
L’entrée s’ouvre dans le 
«cristal», vertigineuse, avec toutes ces vitres, comme des fragments de cristaux. Cette partie vitrée est transparente, ouverte vers les Confluences.
Au milieu nous découvrons « le puits de gravité ».  L’eau de pluie qui tombe dans ce puits de verre descend dans les piliers et rejoint le Rhône.
C’est bien vu !
Nous entrons ensuite dans « le nuage du savoir » qui est plus à l’arrière du bâtiment et construit sur pilotis. C’est là que se trouvent les salles des collections. D’après les dires de la guide, ce nuage des savoirs symbolise pour le cabinet d’architecte le nuage qui évolue, change de forme tout comme l’histoire de l’humanité. Tout un programme ! Pour l’aspect technique, ce « nuage » est soutenu par 14 poteaux monumentaux, 3 piles et le socle.
Des piliers prolongent la structure en profondeur (entre 15 et 30 mètres) car le sol entre les 2 fleuves n’est pas stable un peu comme la face cachée d’un iceberg. C’est pourquoi les fondations du bâtiment ont été longues et fastidieuses.
Pour rappel, le budget au départ devait être de 60 millions d’euros. Les dépenses sont montées jusqu’à 250 millions. Comme ça, au passage….
Pour ma part, il fallait bien toutes ces explications pour que je comprenne le pourquoi de cette étrange forme avant d’entrer dans le vif du sujet : les collections.

C’est d’ailleurs à ce moment que la guide demande : « tout le monde a son billet ? ». C’est parti !




L’intérieur du nuage est assez simple et sobre : 1 long couloir blanc pour une pause visuelle, des grandes salles de chaque côté. Les salles de collection sont comme de grandes boîtes noires comme ça se fait actuellement et qui peuvent être scénarisées facilement.
MPetite parenthèse :
Question posée : « pourquoi la Mulatière s’appelle la Mulatière ? »
Colle pour la guide... Réponse des smartphones : le nom de La Mulatière viendrait d'un magistrat lyonnais, Clément Mulat, consul de Lyon au XVème siècle.
2ème hypothèse : ancien quartier romain emprunté par des mulets pour transporter les marchandises !
Les 4 salles des collections permanentes répondent à 4 questions.


La première salle : Origines,  les récits du monde. D’où venons-nous ? 

L’idée est de partir de l’homme ou plutôt de l’homo sapiens pour redescendre dans le temps jusqu’aux origines de l’univers. Tout un programme !
Ce choix de présenter les collections de manière anti chronologique veut montrer que l’histoire de l’homme est une histoire parmi tant d’autres.

Il y a 2 façons de répondre à la question "d’où venons-nous ?".

Sur le côté droit : les réponses en rapport avec les croyances. Ce sont des objets en rapport avec des croyances de tribus anciennes sur la manière dont le monde a été créé.

Sur le côté gauche : les réponses des scientifiques avec des singes, squelettes de dinosaures. Les liens entre les humains et les autres espèces.
On est accueilli dans ce parcours par trois femmes "préhistoriques" (pour une fois, ce ne sont pas des hommes) : : madame Flores, madame Sapiens et madame Néandertal
Dans une petite salle à côté intitulée "Quand l’environnement change la vie " où nous trouvons des fossiles et squelettes dont celui du célèbre mammouth de Choulans auparavant présent dans le musée Guimet.
En traversant le couloir de l’eau, nous arrivons aux origines de l’univers. Nous avons même pu toucher un fragment de lune et de la poussière d’étoile.

Sur le côté gauche, un mur orné de statues chinoises ayant chacune son utilité : le Panthéon chinois. Au centre trône Shiva et ses multiples bras, délicatement renommé « dieu de la bricole », « il a tout ce qu’il faut ». Ha ces communelles, de vraies poétesses !
La deuxième salle : Espèces, la maille du vivant. Qui sommes-nous?

La guide rajoute ces questions : Où se place l’espèce humaine ? Quels liens avec les autres espèces ?
Nous commençons par découvrir des animaux momifiés. En particulier ces chats, ce ne sont pas vraiment les vraies têtes de chat mais si j’ai bien compris des parties de l’animal reconstitué…

Bref, il y a ensuite des nombreux animaux naturalisés. La guide nous a même montré comment "Sophie la girafe" avait été fabriquée. Impressionnant.
Au milieu de la salle se trouve l’arbre de la vie : le buisson. C’est un arbre schématique qui montre les relations de parentés entre des groupes d'êtres vivants. Auparavant, l’homme est représenté comme l’aboutissement de l’évolution des espèces. Dans l’arbre de la vie, représentation moderne, l’homme n’est situé que sur une toute partie de la branche, ne représentant qu’une espère parmi tant d’autres. Au centre de ce buisson, LUCAS : le plus vieux ancêtre connu au monde. Je n'ai pas su à quoi il ressemblait...



 
A côté, se trouve la collection d'oiseaux naturalisés. Les oiseaux ont été disposés selon la méthode de « rangement » de l’arbre de vie. C’est-à-dire selon les rapprochements génétiques similaires. C’est drôle, certaines espèces ne se ressemblent pas du tout mais ont été mises à côté parce que justement elles ont quasiment le même code génétique. 

Une autre vitrine qui m’a marqué : celle des espèces aujourd’hui disparues à cause de l’homme montrant notamment le célèbre dodo. No comment.

La troisième salle - Sociétés, le théâtre des hommes. Comment fonctionne-t-on en société ?

Nous entrons dans une pièce en forme d’amphithéâtre, comme si nous les visiteurs devenons acteurs.
Cette salle propose 3 angles de lecture de la société, répartis en 3 endroits différents, avec les verbes suivants : organiser, échanger, créer.

Dans la partie « échanger » nous trouvons de drôles d’objets d’échange.
Dans la partie « organiser », la guide est restée un bon moment sur un très beau tableau, d’aborigène australien, Pamapardu Jukurrpa [Rêve Termites] de Jack Ross Jakamarra.
Là j'ai commencé à lâcher mes notes, voici ce qu'en dit Internet : " En Australie, les aborigènesétablissent un autre lien à leur terre. Les représentations qu’ils font de leurs territoires, et notamment la peinture aborigène depuis le XXe siècle, s’attachent à montrer un espace à la fois physique, mental, spirituel et politique. Ces peintures constituent non seulement un acte de propriété mais aussi un manifeste politique. ». 
C'est un très beau tableau. Les explications de la guide le rendent encore plus beau.
 
Dans la partie « créer », petits hommages à Lyon avec un métier à tisser, la voiture Berliet, fleurons de l’industrie lyonnaise. Il est démontré aussi comment les industries se stimulent les unes aux autres. La cuve à vaccin pour lutter contre la fièvre aphteuse m’a impressionné.
Une collection d’ustensiles de cuisine, de téléphones et hop on passe dans la dernière salle. A priori, nous sommes juste en temps !

La quatrième salle : Eternités, visions de l'au-delà : où allons-nous ?

A cette question, la guide nous prévient de suite : il n’y a pas de réponse… Ha bon ?
Là nous trouvons une série d’objets : les intercesseurs qui représentent le lien entre le monde réel et l’au-delà. Ce sont des objets bien étranges.
Il est montré aussi l’évolution des rites funéraires.
Une pièce comporte des fauteuils en forme de bulle qui ont l’air très confortables ! On peut s’y installer en écouter des vidéos.

Les momies m’ont marqué : la momie égyptienne que l’on a l’habitude de voir ornée de l’œil d’Horus, une momie Yschma, plus impressionnante car on voit les os.
 
Nous passons devant une toile où sont peints plein de crânes. « Nous sommes tous égaux face à cette fin » : voici l’interprétation que j’avais faite de cette toile par rapport aux dires de la guide. En faisant une autre petite recherche sur Internet, cette toile s’appelle « L’éternité parfois s’éveille de Jean-Philippe Aubanel ». Et en fait cette œuvre est composée de 140 petits tableaux qui ont été assemblés. Je ne l’avais même pas remarqué ! Cette toile s’appelle « L’éternité parfois s’éveille de Jean-Philippe Aubanel ». 

Enfin, nous finissons notre visite en passant devant un Bouddha paisible, serein.
Une autre vision de l'au-delà plus profonde et ouverte sur les possibles.

Notre parcours avec la guide s'arrête ici, devant ce sentiment d'éternité, " cette histoire sans fin".
Denses mais très instructives, les explications du guide aident à comprendre et à savourer du regard les collections sans trop s'y perdre. Un grand merci.

Mais nous les Communelles nous n'avons pas fini ! De toute façon, il fait tellement mauvais dehors, que d'un pas décidé, nous nous élançons vers les expositions temporaires.


Potières d’Afrique

Des céramistes occidentaux mettent en lumière les céramistes africaines dans le cadre du projet « afrique » de l’association « argile ». Les personnes ont fait plusieurs voyages en Afrique à la rencontre des céramistes africaines sur une période de 20 ans. Ils ont ramené des poteries, des photos, des interviews, des vidéos...

Tous ces objets et éléments ont été rassemblés dans cette collection.

Cette collection rend hommage à la femme africaine. On y apprend comment elles fabriquent les céramiques. On comprend l’importance de cet artisanat dans la société africaine.
Malgré sa concurrence avec les contenants en plastique, la céramique est facile à fabriquer, moins chère, à priori elle a encore de beaux jours devant elle.
 


 

A vos pieds

Voici une collection de chaussures, il fallait y penser !
Toutes sortes de chaussures, de toutes les époques, certaines très belles avec broderie ou perles, certaines pas pratiques du tout, même impossible de marcher avec ! Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Car il ne faut pas rêver, l’appartenance à un rang social passe aussi par la chaussure, l’idéal étant de trouver chaussure à son pied…

J’ai été un peu triste en voyant les petites chaussures que les chinoises devaient porter en se bandant les pieds pour les faire rentrer...
 

Antartica


Cette exposition porte sur l’expédition menée par le réalisateur Luc Jacquet (la marche de l’empereur) et des photographes.
 
C’est une véritable immersion, un plongeon au cœur de l’antarctique avec les pingouins.
Des vidéos montrent les explorations sous la glace, sur la glace, des phoques, des pingouins nageant, sautant dans l'eau.
L'ensemble est poétique.
Cette exposition est vraiment avec de très belles images et vidéos.

C’est un hymne à la nature, à la biodiversité polaire et à sa protection.
La dernière pièce est l’apothéose : une grande pièce sphérique avec autour 4 écrans immenses, magique.


Voici la fin de notre visite, très instructive, nourrissante.

Merci pour cette visite.